La dynastie capétienne de 987 à 1883

29 août 2011

Marguerite de Bourgogne (1290-1315)

Marguerite de Bourgogne née en 1290 et morte en 1315, était une princesse de la branche bourguignonne de la dynastie capétienne.

Biographie

Famille

Marguerite de Bourgogne est la sœur de :

  • Hugues V de Bourgogne (v. 1294-1315), duc de Bourgogne (1306-1315) ;
  • Eudes IV de Bourgogne (v. 1295-1349), duc de Bourgogne (1315-1349) ;
  • Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1348), reine de France, épouse de Philippe VI de France ;

Mariage

Le 23 septembre 1305, à Corbeil, elle épouse Louis (1289-1316), roi de Navarre (Louis Ier) (1305-1316) et futur roi de France (1314-1316) sous le nom de Louis X le Hutin, fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire.

Elle est donc titrée, par mariage, reine de Navarre puis reine de France.

De son mariage avec Louis X le Hutin est issue une fille, Jeanne II de Navarre (1311-1349), qui ne recouvre qu'une partie de ses droits sur la Navarre en 1328, par un arrangement entre son mari Philippe d'Évre et le roi de France Philippe VI de Valois.

Scandale des belles filles-du roi

Article détaillé : Affaire de la tour de Nesle.

Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fait arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation, selon un chroniqueur, de sa fille Isabelle d'Angleterre. Elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d'Aunay. Ce scandale qui ébranla la monarchie passa à la postérité sous le nom d'affaire de la tour de Nesle.

Sous la torture, les deux chevaliers auraient avoué leurs relations avec les princesses, qui duraient depuis trois ans, avant d'être, à Pontoise, écorchés vifs, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet.

Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard, aurait reconnu son adultère et fut tenue au secret dans sa prison.

Reine de France et de Navarre

Marketa pecet.jpg
Elle devient reine de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le 29 novembre 1314. Elle reste cependant enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard, son époux, le roi Louis X, ne levant pas la sanction prise à son encontre pour adultère.

Le 30 avril 1315, elle est retrouvée morte dans sa cellule, sans doute de froid même si la légende veut que son mari, Louis X, l'ait fait assassiner, peu après son accession au trône.

Marguerite dans la fiction

Marguerite de Bourgogne est un personnage des deux premiers tomes (Le Roi de fer et La Reine étranglée) du roman de Maurice Druon, Les Rois maudits, et des deux premiers épisodes du feuilleton télévisé.



Posté par louise80 à 16:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


15 août 2011

Louis X de France (1289-1316)

Louis X de France, dit le Hutin (c'est-à-dire le querelleur), né le 4 octobre 1289 à Paris, mort le 5 juin 1316 à Vincennes, fut roi de Navarre de 1305 à 1316 (sous le nom de Louis Ier) et roi de France de 1314 à 1316 (sous le nom de Louis X), douzième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire, Louis X ne laissa pas de descendance au trône de France (son seul fils, Jean Ier de France, né après sa mort, ne vécut que quelques jours).

Louis X Le Hutin.jpg

Biographie

Roi de Navarre

Louis X hérita de la couronne de Navarre au décès de sa mère, Jeanne de Champagne, reine de Navarre. Le royaume était administré localement par un gouverneur nommé par les souverains français. Philippe IV qui maintenait ses fils sous sa dépendance et son strict contrôle selon les habitudes héritées de Philippe Auguste, ne l'autorisa à rejoindre la Navarre qu'en 1307 pour s'y faire couronner par l'assemblée des nobles, les Corte. Louis X se rendit en Navarre avec son épouse Marguerite de Bourgogne et une forte délégation de nobles français. Ils furent couronnés le 1er octobre 1307 roi et reine de Navarre à Pampelune.

Roi de France

Bien que Louis X n'ait régné que deux courtes années, on peut tout de même noter certains éléments de sa politique. Succédant à Philippe IV le Bel de 1314 à 1316, il dut faire face aux révoltes suscitées par la politique de son prédécesseur menés par les barons dont Charles de Valois son oncle, qu'il calma par des concessions.

Isolé dans un conseil étroit, Louis X dut rechercher l'appui de ses frères Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. Les trois frères dont la descendance est douteuse n'ont pas d'héritier mâle. Leurs épouses sont en prison. Le comte de Valois est tout puissant, et il a 3 fils dont l'ainé est le futur Philippe VI, il est un de ceux qui mènent la révolte des seigneurs.

Un Agnel d'or sous le règne de Louis X

Louis X s'allia à son frère Philippe de Poitiers en échange de l'héritage de la Franche-Comté. Philippe IV avait acheté les droits de la Comté Franche à Othon IV de Bourgogne en échange d'une alliance matrimoniale. Les deux filles d'Othon IV de Bourgogne épousèrent respectivement Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. En acceptant de perdre ses droits de succession sur la Franche-Comté, l'ainée Jeanne II de Bourgogne conservait la jouissance et le titre, la cadette Blanche de Bourgogne recevait en dot 20.000 marcs d'argent. Le comté devait selon le testament de Philippe IV revenir à la couronne si Philippe de Poitiers et Jeanne de Bourgogne n'avaient pas de fils. Philippe de Poitiers monnaya son appui en exigeant que son épouse Jeanne puisse léguer la Franche-Comté à sa fille ainée, en plus de l'Artois qui lui venait de sa mère Mahaut d'Artois. Cet accord, par lequel Louis X payait la stabilité de son début de règne, devait amener sous le règne de Louis XI la difficile succession de la Bourgogne et de l'Artois, réunies entre les mains des Habsbourg par mariage, et sous Louis XIV la guerre de dévolution de l'Artois et de la Franche-Comté.

Ne pouvant briser la résistance des nobles, Louis X choisit de négocier. Avec habileté, il mit les abus sur le compte des officiers royaux et joua sur les particularismes locaux. Il octroya ainsi une série de chartes provinciales durant l'année 1315 qui ont pour fonction de répondre aux attentes de la population. Les baillis et sergents royaux intervenant dans tout le comté d'Amiens ainsi que celui de Vermandois, au mépris des droits du comte ont interdiction sur ordonnance de Louis X d'exercer leurs prises, ajournements et autres faits de justice. Il répondit donc aux attentes des ligues nobiliaires en garantissant leurs privilèges, leurs droits de haute justice et y compris celui de port d’armes à travers ces chartes provinciales destinées à satisfaire les différentes requêtes nobiliaires dans les différentes provinces du royaume. D’autres chartes régionales de ce type ont été certainement concédées dans les mêmes conditions. Ces ordonnances qui redonnaient un certain pouvoir aux nobles et à l'aristocratie et les droits et prérogatives qu'ils avaient perdu sous Philippe IV le Bel ont contribué à affaiblir le pouvoir royal au détriment de l'idée d'unité souveraine qui avait mené ses prédécesseurs.

La fronde menée par les nobles était soutenue par le peuple oppressé par les taxes et impôts et par les ligues nobiliaires. Elle fit de nombreuses victimes, notamment Enguerrand de Marigny qui fut pendu, Pierre de Latilly ou encore Raoul de Presles qui furent torturés. Louis X renonça à les défendre tant la parole du roi était devenue inaudible. La monarchie subit un véritable recul pendant ces deux années de règne, notamment fiscal. Le roi ne pouvait plus lever d'impôts indirects puisque la noblesse voulait battre sa monnaie. Les provinces restaient fidèles à la couronne, mais rebelles à de nouveaux impôts.

Louis X dut faire face à un conflit avec les Flamands qui tourna au fiasco. L'expédition qui avait été montée grâce au rappel des Lombards, s'enlisa dans la Lys en crue. Louis X dut rebrousser chemin piteusement. C'est sur le chemin du retour qu'il épousa Clémence de Hongrie à Troyes le 19 avril 1315.

Décès

Louis X fut pris de malaise après une partie de jeu de paume à Vincennes. Il avait bu un vin glacé alors qu'il était échauffé. Pris de remords de n'être pas intervenu, il fit dédommager les enfants d'Enguerrand de Marigny qu'il n'avait pu sauver et fit rendre à Raoul de Presles les biens dont il avait été spolié.

Mariages et descendance

En 1305, il épouse en premières noces Marguerite de Bourgogne (1290-1315), capétienne comme lui, fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne, et d'Agnès de France (1260-1325). Convaincue d'adultère avec la complicité de ses belles-sœurs (scandale de la Tour de Nesle), Marguerite est condamnée à l'enfermement à Château-Gaillard et la rumeur voudrait qu'elle y ait été étouffée (ou étranglée) à l'instigation de son royal époux.

De cette union est issue la future Jeanne II (1311-1349), reine de Navarre de 1328 à 1349.

Le 31 juillet 1315, Louis X épouse en secondes noces Clémence de Hongrie (1293-1328), elle aussi capétienne, fille de Charles d'Anjou (1271-1295), dit Charles-Martel de Hongrie, roi titulaire de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg (v. 1262- 1295).De cette union est issu un unique enfant, posthume de plusieurs mois, et qui ne vécut que quelques jours, Jean Ier, dit Jean le Posthume (14 novembre 1316-19 novembre 1316), roi de France et roi de Navarre.

Une succession disputée

La question d'une éventuelle légitimité de la princesse Jeanne, issue de la première union, à la succession au trône de France se posa à la noblesse française. En effet, l'absence d'héritier mâle direct ne s'était encore jamais produite. C'est ce que l'on a appelé le miracle capétien. La succession à la couronne française, préalablement élective, s'était faite peu à peu par l'usage. La noblesse française préféra selon le principe de la masculinité qui régissait les fiefs offrir le trône au frère de Louis X, Philippe V le Long, qui était déjà régent depuis la mort de Louis X. Cet épisode de l'histoire de France a donné lieu à une interprétation romancée, Les Rois maudits, de Maurice Druon.

Avec sa maîtresse, une lingère nommée Eudeline, Louis X eut également une fille illégitime, également prénommée Eudeline (1305-1380), religieuse au couvent du faubourg Saint-Marcel puis abbesse.

Posté par louise80 à 16:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 août 2011

Jeanne Iere de Navarre (1271-1305)

Jeanne de Champagne (née le 17 avril 1271 à Bar-sur-Seine, Aube- morte le 4 avril 1305 à Vincennes), princesse de la maison de Champagne, fut reine de Navarre de 1274 à 1305 et reine de France de 1285 à 1314.

Biographie

Mariage

Jeanne Ire était la fille du roi Henri Ier de Navarre et de Blanche d'Artois de lignée capétienne.

Elle épousa, le 16 août 1284, l'héritier de la couronne de France, Philippe, qui devint le roi de Navarre Philippe Ier (1284-1305) et le roi de France Philippe IV le Bel (1285-1314). Malgré son mariage, elle continua de régner seule sur ses domaines. Elle est à l'origine de la création du Collège de Navarre.

Descendance

De son mariage avec Philippe le Bel sont issus:

  • Louis X « le hutin » (1289-1316), roi de France et également roi Louis Ier de Navarre (1314-1316).
  • Isabelle de France « la louve de France » (1292-1358), épouse du roi d'Angleterre Édouard II.
  • Philippe V « le long » (1293-1322), roi de France et également roi Philippe II de Navarre (1316-1322).
  • Charles IV (1294-1328), roi de France et également roi Charles Ier de Navarre (1322-1328).

Domaines, propriétés

(liste non exhaustive)

  • A Paris, elle possédait l'Hôtel de Navarre, sis aux 47 - 49 rue Saint-André-des-Arts, dans l'actuel VIe arrondissement.

Posté par louise80 à 16:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

24 juillet 2011

Philippe IV de France (1268-1314)

Philippe IV de France, dit Philippe le Bel ou le roi de fer (Fontainebleau, avril/juin 1268-Fontainebleau, 29 novembre 1314), fils de Philippe III de France (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon. Il fut roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.

Philippe IV Le Bel.jpg

Biographie

Éducation

Son père confie une partie de l'éducation du jeune Philippe à Guillaume d'Ercuis, son aumônier. À la différence de son père, Philippe le Bel reçoit par le soin de son précepteur une bonne éducation. Il comprend le latin et aime étudier.

Personnalité

Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « roi de marbre » ou « roi de fer », il se démarque par sa personnalité rigide et sévère. L'un de ses plus farouches opposants, l'évêque de Pamiers Bernard Saisset, dit d'ailleurs de lui : « Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue. » Philippe le Bel fut un roi qui souleva au cours de son règne beaucoup de polémiques, le pape Boniface VIII le traitant par exemple de « faux-monnayeur ».

Politique financière

Désordre et instabilité monétaire

Sous le règne de Philippe IV, les traditions féodales sont abandonnées pour mettre en place une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontente les grands seigneurs et les nouveaux impôts dressent les bourgeois contre le pouvoir royal.

Grâce à l'aide de juristes, notamment son fidèle collaborateur Guillaume de Nogaret, Philippe IV transforme véritablement un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous, et un impôt national est prélevé sur tout le royaume de France.

Son règne est particulièrement agité sur le plan monétaire. Le roi et ses conseillers multiplient les émissions de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, qui donnent un sentiment d'incohérence de la politique royale. Ces mutations monétaires aboutissent finalement à un mécontentement général dans le royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la bonne monnaie.

Dans la pratique, le roi ne contrôle pas tous les paramètres de la politique monétaire. Les assemblées de prélats et de barons, convoquées périodiquement au début du XIVe siècle pour donner leur avis sur la question monétaire, réclament toutes le retour à la bonne monnaie de Saint Louis, quelque peu idéalisée. Il est vrai que la politique monétaire de Philippe le Bel est tout sauf stable. Le système monétaire a été bouleversé de fond en comble. Cette situation, qui n'avait pas de précédent historique, contraste fortement avec les pratiques monétaires de ses prédécesseurs, Saint Louis et Philippe le Hardi, dont les monnayages sont alors considérés comme des modèles de stabilité. Pour l'opinion publique, le résultat des mutations est facile à comprendre: bien que le roi agisse selon son bon droit, toute transformation de la monnaie est assimilée à un abus déloyal, voire à une falsification pure et simple.

Par ailleurs, le règne de Philippe le Bel se traduit par une période de changements majeurs. L'innovation la plus remarquable de cette période est sans doute l'apparition durable d'émissions de monnaies d'or. Le retour à un vrai bimétallisme s'est accompagné de sévères crises monétaires, attisées par la spéculation internationale, la concurrence des monnaies seigneuriales et les incohérences du système monétaire. La carence en métaux précieux provoque une forte dévaluation de la monnaie de compte, qui se traduit dans la pratique par de nombreuses émissions de nouvelles monnaies. L'inflation, provoquée par ces mutations, mécontente la noblesse, les bourgeois des bonnes villes et l'Église qui voient leurs revenus diminués considérablement. Des réévaluations des pièces d'argent et de billon sont tentées mais leur résultat est plus que mitigé : des émeutes populaires éclatent, et surtout, l'argent finit par ne plus être monnayé, car son prix d'achat est fixé trop bas. Le roi, après avoir tout tenté pour stabiliser sa monnaie, finit par se trouver dans une position politique difficile. À la fin de son règne, il doit affronter la fronde d'une partie de ses sujets.

Assainissement des finances du royaume

Pièce d'or de Philippe le Bel, Cabinet des Médailles (Louvre).

Pour assainir les finances et acheter le Quercy aux Anglais contre une rente de 3 000 livres, il s'attaque à ceux qui ont de l'argent, y compris aux religieux de l'Église catholique, aux Lombards, aux Juifs (« Don de joyeux avènement » en 1285) et aux Templiers.

Il tenta de pallier ses difficultés financières en essayant d'établir des impôts réguliers, en taxant lourdement les Juifs et les Lombards, parfois en confisquant leurs biens et en pratiquant les dévaluations monétaires. Il conserva les richesses monétaires de l'ordre des Templiers après l'avoir dissout. Il centralisa le pouvoir royal, atteignant un niveau sans limites. La dure crise économique que subit le royaume de France sous son règne provoqua de vastes mouvements de révoltes de la part du peuple mais aussi des nobles et de l'aristocratie. Pour contrer ces graves difficultés économiques, il recourut à des altérations de la valeur du cours de la monnaie, mais ces mesures frappèrent lourdement le petit peuple.

Pour obtenir le passage de l'armée française afin d'évacuer la Guyenne, Philippe donne sa sœur, Marguerite de France, en mariage au roi Édouard Ier d'Angleterre, et promet sa propre fille, Isabelle de France, au fils issu de la précédente union (le futur roi Édouard II d'Angleterre).

Vers un État centralisateur et administrateur

Philippe IV le Bel d'après le Recueil des rois de France de Jean Du Tillet. Bibliothèque Nationale de France

Philippe IV s’entoure de légistes, des conseillers compétents qui jouent un rôle décisif dans sa politique. Les légistes appartiennent pour la plupart, au début, à la petite noblesse puis, à la bourgeoisie ou à la noblesse de robe. Les légistes sont apparus sous Philippe Auguste et sont formés au droit romain pour faire évoluer une monarchie féodale, où les pouvoirs du roi sont limités par ses vassaux, vers une monarchie absolue. Il termine cette centralisation commencée par son grand-père, Louis IX, mais ce système sera remis en cause par les Valois directs. Outre les légistes, le roi est entouré de ses héritiers et de sa famille.

L’administration du royaume, limitée à la cour du roi chez ses prédécesseurs, va se diviser en trois sections sous le règne de Philippe le Bel :

  • Le Grand Conseil qui examine les dossiers politiques.
  • Le Parlement qui se charge de la justice.
  • La Chambre des comptes, spécialisée dans les affaires financières, elle établit des taxes pour les exportations, soumet les terres de l'Église à une redevance (les décimes), introduit une taxe pour toute vente, et réalise des manipulations monétaires en changeant le poids ou le taux des métaux précieux des pièces sans en changer la valeur, ce qui fait donner à Philippe IV le surnom de faux-monnayeur par ses détracteurs.

Ces transformations rendirent Philippe Le Bel très impopulaire dans tous les niveaux de la société.

Philippe IV a aussi créé l’embryon des états généraux, en ordonnant la tenue d’assemblées formées de représentants des trois ordres : le clergé, la noblesse et la bourgeoisie (à cette époque on ne parle pas de tiers état). Ces assemblées étaient très peu réunies, seulement lors de crises et n’avaient pas beaucoup de pouvoir, leur rôle n’étant que d’approuver les propositions du roi et de ses conseillers.

Sous le règne de Philippe IV, la France abandonna ses traditions féodales pour devenir un État avec une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontenta les grands seigneurs, les nouveaux impôts dressèrent les bourgeois contre le pouvoir, et les paysans, accablés de taxes diverses, se révoltèrent.

La tentative de conquête de la Flandre

Lorsque le comte de Flandre, Gui de Dampierre, allié au roi Édouard Ier d'Angleterre, rompit son hommage de vassal au roi de France en 1297, Philippe IV mobilisa 60 000 hommes pour envahir son comté, mais subit néanmoins deux échecs :

  • Les Matines de Bruges : à l’aube du 18 mai 1302 à Bruges, des insurgés flamands armés attaquèrent une des garnisons française de la ville. Selon la tradition, pour distinguer les Français, ils auraient abordé les occupants des chambres en leur demandant de répéter après eux le shibboleth : « schild en vriend », difficile à prononcer pour un francophone car le « ch » transcrit un son guttural inconnu en français, le " r " est roulé et « ie » se prononce « i » et qui signifie « bouclier et ami ». Une autre version dit qu'il s'agirait plutôt de la phrase « des gildens vriend », « ami des guildes ». Plus de mille soldats français de la garnison sont démasqués et assassinés au pied du lit. On appelle cette journée « Matines de Bruges », par analogie aux « Vêpres siciliennes » qui chassèrent les Français de Sicile vingt ans plus tôt.
  • La Bataille des éperons d’or : le 11 juillet 1302, les chevaliers français menés par Robert II d'Artois furent écrasés ce jour là près de Courtrai par des milices communales flamandes de la même façon que la bataille de Mansourah et comme celles futures de Crécy et d’Azincourt.
  • Bataille de Mons-en-Pévèle : le 18 août 1304, le roi parvient à remporter une belle victoire. Une escouade de Français avait réussi à crever les tonneaux de bière placés sur un petit tertre par les Flamands pour se désaltérer: ceux-ci n'ont plus à boire. Cette après-midi là, le roi échappa à la mort : 600 Flamands, en désespoir de cause, firent un ultime raid vers le camp royal. Par chance, Philippe s'était dévêtu de son armure royale. Les Flamands ne le reconnurent pas et il réussit à sauter sur un cheval et se dégager à grands coups de hache d'armes. « Le roi se combat ! le roi se combat ! » criait-on dans le camp des Français. De nombreux seigneurs perdirent la vie, dont le vicomte de Turenne et Mathieu IV de Montmorency.

Conflit de pouvoir avec le pape

Le règne de Philippe le Bel est marqué par ses différends avec le pape Boniface VIII, dont le point central est le droit que s'attribue Philippe le Bel d'imposer -taxer- les biens de l'Église situés dans son Royaume, la France. Ce que va contester le Pape, soucieux de conserver la force du principe de pré-éminence du pape sur les rois, du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. La décrétale Clericis laicos du 24 février 1296 est le point de départ. Boniface VIII, qui a alors d'autres préoccupations (conflits avec les Aragonais de Sicile et les Colonna), se trouve dans l'embarras et, en dépit de son caractère hautain, cède bientôt. Les bulles Romana mater (février 1297) et Etsi de statu (juillet 1297) donnent au roi gain de cause. Ce dernier document contient une renonciation formelle aux prétentions émises pour la défense des biens ecclésiastiques contre l'arbitraire des rois dans la décrétale Clericis laicos.

Cependant, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris (précurseurs des états généraux, qui apparaissent pour la première fois sous son règne). Le roi cherche l'appui de tous ses sujets afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. Ce dernier menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France.

Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi envoie alors son conseiller (et futur garde des Sceaux), le chevalier Guillaume de Nogaret, avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni, résidence d'été du pape, proche de Rome, et fief des Caetani, la famille du pape.

Le 7 septembre 1303, Nogaret et Colonna arrivent à Anagni et trouvent le pape seul dans la grande salle du palais épiscopal de Caetani abandonné par ses partisans. Le vieil homme de 68 ans est assis sur un haut siège, en habit de cérémonie, et ne réagit pas à l'irruption de la troupe armée. En voyant Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna approcher, il incline légèrement la tête et déclare : « Voilà ma tête, voilà mon cou, au moins je mourrai en pape!»

Guillaume de Nogaret recule, impressionné, tandis que Sciarra Colonna, dans sa haine de Boniface VIII, se serait avancé insolemment et lui aurait, dit-on, donné une gifle avec son gantelet de fer.

Peu de temps après le 9 septembre, la population de la ville d'Anagni se révolte et dégage le pape des mains des Français mais ce dernier tombe malade et meurt un mois plus tard à Rome le 11 octobre 1303.

Cet énorme scandale éclabousse Philippe le Bel, bien qu'il n'en soit pas directement responsable, mais ceux qui ne le savaient pas encore comprennent qu'il vaut mieux ne pas s'opposer au roi de France. D'après Jean-François Chantaraud dans L'état social de la France, cette partie d'échec remportée par Philippe IV contre le Pape constitue la clé de voute de la fusion française des pouvoirs temporel et spirituel : dès lors, le chef de l'exécutif détient le monopole de la légitimité à dire le juste et l’État va devenir le producteur des justifications sur lesquelles il fait reposer ses propres décisions.

Anéantissement de l'ordre du Temple

Mise à mort des Templiers
Article détaillé : Procès de l'ordre du Temple.

Après le très court pontificat de Benoît XI, Clément V, d'origine française, installé par Philippe le Bel à Avignon dans le Sud de la France, sera d'une aide précieuse pour anéantir l'ordre du Temple. Le vendredi 13 octobre 1307, les Templiers sont mis en prison puis torturés pour leur faire admettre l'hérésie dans leur ordre. Le maître de l'ordre, Jacques de Molay, périt sur le bûcher à Paris en 1314 après avoir été déclaré relaps. C'est lors de son exécution, alors que Jacques de Molay brûlait, qu'il aurait proféré sa célèbre malédiction, exploitée par l'écrivain français Maurice Druon dans son roman historique en sept tomes, les Rois maudits :

« Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits, vous serez tous maudits, jusqu'à la treizième génération de vos races. »

En réalité, selon Geoffroi de Paris, témoin oculairede l'événement et chroniqueur de l'époque, les termes de la malédiction auraient été :

« Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamnés à tort : Dieu vengera notre mort. »

 

Une succession de malheurs touchait alors la famille royale capétienne, dont la plus célèbre reste l'affaire des deux brus adultères du roi (affaire de la tour de Nesle). Marguerite de Bourgogne, capétienne, fille du duc Robert II de Bourgogne (1248-1306) et d'Agnès de France (1260-1325), Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, toutes deux filles du comte Othon IV de Bourgogne et de la comtesse Mahaut d'Artois, épousent respectivement les rois Louis X de France, Philippe V de France et Charles IV de France, les trois fils de Philippe le Bel.

Anéantissement des juifs

Moins célèbre que l'anéantissement de l'ordre du Temple, Philippe le Bel entreprit aussi celui du judaïsme en confisquant les synagogues et les biens de cette communnauté. À titre d'exemple, voici 3 textes :
La Synagogue-de-Dun-le-Roi. Commune de Dun-sur-Auron. Vidimus et confirmation de l’adjudication après enchères du 8 février 1308 [acte en français] par Hugues Gouhaut, bailli de Bourges, à Jean de Patinges, de la Synagogue de Dun le Roy, sise dans le pourpris du chasteau, pour le prix de 11 livres tournois, qui seront rendues par led. Hugues dans les comptes des biens des juifs, février 1310 (Archives Nationales-JJ 41, fol. 103, no 192 = 42B, fol. 91, no 191).
La Synagogue-de-Janville. Commune de Janville. Adjudication à Jean Le Grand, de la Synagogue de Yenville, avec 2 places en dépendant, la 2de appelé la Miquerie, janvier 1313 (Archives Nationales-JJ 48, fol. 95 v°, no 167).
La Petite-Synagogue-d’Orléans. Commune d’Orléans. La Petite Synagogue des juifs, sise à Orléans, 4 avril 1307 (Archives Nationales-JJ 44, fol. 23-24, no 37, vidimus de décembre 1317).
Au nom de ses difficultés financières, certes, mais aussi de gouvernement : une foi, une loi, un roi.

Accroissement du domaine royal

Pendant le règne de Philippe le Bel le domaine royal s’est agrandi grâce à la politique d’assujettissement des grands féodaux et aussi :

  • Suite à son mariage en 1284 avec Jeanne Ire de Navarre, fille unique et héritière d'Henri Ier, roi de Navarre et comte de Champagne. Par cette union, il acquiert en dot le comté de Champagne et la Navarre et devient le premier roi de France et de Navarre.
  • En 1286, il achète le comté de Chartres à Jeanne de Blois-Châtillon.
  • Après sa victoire à Mons-en-Pévèle en 1304, le Traité d'Athis-sur-Orge lui permet d'annexer les châtellenies de Lille, Douai et Béthune.
  • En 1312, deux ans avant sa mort, les bourgeois de Lyon se placent sous sa tutelle, à cause du prestige de la royauté.

Scandale occasionné par les belles-filles du roi

En avril 1314, année même de la mort de Philippe le Bel, un grand scandale éclate : Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X de France, déjà roi de Navarre (par sa mère, Jeanne Ire de Navarre), et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel), sont dénoncées par Isabelle de France (fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre) dans l'affaire de la tour de Nesle. Elles auraient trompé leurs maris avec les frères Philippe et Gauthier d'Aunay, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. Une enquête est menée et les deux frères avouent, sous la torture, entretenir des relations adultérines avec deux des belles-filles du roi. Les deux amants sont jugés et condamnés pour crime de lèse-majesté ; ils sont exécutés sur-le-champ en place publique à Pontoise : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles au gibet. Une telle cruauté s'explique par l'affront fait à la famille royale, mais aussi par l'atteinte aux institutions du royaume : cet acte met en péril la dynastie capétienne et le royaume de France. « Quelles auraient été la légitimité et l'autorité d'un futur souverain dont on aurait pu mettre en doute la royale paternité ? »

Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard. Occupant une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon, elle y meurt en 1315 (certains disent qu'elle fut étranglée, mais ses conditions d'incarcération ne mettent pas en doute une mort d'épuisement).

Blanche de Bourgogne est aussi tondue mais bénéficie d'un « traitement de faveur » : elle est emprisonnée pendant sept ans, puis obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet et non du futur roi de France (du moins, c'est ce que l'on croit, puisque son époux deviendra le roi Charles IV le Bel en 1322), Blanche a donc un traitement moins cruel que sa belle-sœur. Elle devient reine de France en prison le 21 février, jusqu'à ce que son mariage soit annulé le 19 mai par le pape Jean XXII.

Quant à la troisième, la comtesse Jeanne de Bourgogne et d'Artois, femme du futur Philippe V de France, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère Mahaut d'Artois, elle se réconcilie avec son mari le roi Philippe le Long et devient reine de France en 1317.

Mort

Mort de Philippe le Bel

En novembre 1314, Philippe le Bel rend visite à son oncle le comte Robert de Clermont et c'est lors d'une partie de chasse en forêt de Pont-Sainte-Maxence (forêt d'Halatte) qu'il fait une chute de cheval, ou qu'il "éprouve un saisissement subit, avec impossibilité de prononcer une parole". Les chroniques du temps se partagent entre l'accident ou la maladie inexplicable. Transporté à Poissy, chevauchant jusqu'à Essone, puis porté en litière à Fontainebleau, il meurt quelques semaines plus tard, le 29 novembre 1314.

Son cœur fut déposé à l'église du Prieuré de Poissy dans une urne retrouvée en 1687 lors de travaux dans un des caveaux. Son corps sera inhumé dans la basilique de Saint-Denis. Sa sépulture, comme celles des autres princes et dignitaires reposant en ce lieu, sera profanée par les révolutionnaires en 1793.

Les Grandes Chroniques de France signalent que Pierre de Latilly, évèque de Chalons, fut emprisonné un moment en 1315, soupçonné d'avoir empoisonné le roi défunt

Mariage et descendance

Le 14 août 1284, Philippe épouse à l'âge de 16 ans Jeanne Ire de Navarre (reine de Navarre de 1274 à 1305), ce qui lui confère le titre de roi de Navarre (Philippe Ier) de 1284 à 1305.

De cette union naissent sept enfants :

  • Louis X de France (1289-1316), roi de Navarre et roi de France de 1314 à 1316.
  • Marguerite de France (1290-1294) (promise en 1294 à Ferdinand IV de Castille).
  • Philippe V de France (v. 1291-1322), roi de France de 1316 à 1322.
  • Isabelle (1292-1358), reine d'Angleterre en épousant Édouard II d'Angleterre (1284-1327).
  • Blanche de France (v. 1293-peu après 1294).
  • Charles IV de France (1294-1328), roi de France de 1322 à 1328.
  • Robert de France (v. 1296-1308).

Postérité

Détail du tombeau de Philippe Le Bel dans la basilique de Saint-Denis

La nature même du pouvoir de ce grand souverain reste une énigme : fut-il le jouet de ses ministres ou le premier « roi absolu » ? La plupart des analyses tendent vers la seconde proposition, au vu de sa politique au long terme qui témoigne d'une volonté unique et cohérente (alors qu'il changea souvent de conseillers), et de son caractère intransigeant.

Grâce à l'aide de juristes, il transforme véritablement un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous, et un impôt national est prélevé sur tout le royaume de France.

Il agrandit également le territoire du royaume, notamment avec l'annexion de Lille après la signature du traité d'Athis-sur-Orge.

Ses contemporains le jugent comme étant d'une rare beauté, et son physique tout entier « semblait une vivante image de la grandeur et de la majesté des rois de France » (d'après une chronique médiévale).

Roman historique

  • 1955 : Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer, roman historique en sept tomes de Maurice Druon.

Télévision

  • 22/04/1961 : Les Templiers La caméra explore le temps (série télévisée française, 1957-1966) de Stellio Lorenzi, avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Philippe le Bel. Scénaristes: André Castelot et Alain Decaux.
  • 1972 : Les Rois maudits, feuilleton télévisé français en six épisodes de Claude Barma, avec Georges Marchal dans le rôle de Philippe le Bel. Inspiré de l'œuvre de Maurice Druon Les Rois maudits.
  • 2005 : Les Rois maudits, feuilleton télévisé franco-italien en cinq épisodes de Josée Dayan, avec Tchéky Karyo dans le rôle de Philippe le Bel. Inspiré de l'œuvre de Maurice Druon Les Rois maudits.

Posté par louise80 à 16:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

10 juillet 2011

Marie de Brabant (1254-1321)

 Marie de Brabant, née en 1254 à Louvain et morte aux Mureaux tout près de Meulan, le 12 janvier 1321 ou 1322, reine de France , fille du duc de Brabant Henri III le Débonnaire et d'Adélaïde de Bourgogne. A 20 ans, elle devint, en 1274, la deuxième épouse du roi Philippe III le Hardi. Elle fut couronnée le 24 juin 1275 à la Sainte-Chapelle.

Philippe III lui constitua un douaire avec Anet, Bréval, Nogent-le-Roi, Montchauvet et Mantes, une des plus anciennes possessions du royaume de France. Ce douaire devait revenir à la couronne à son décès, mais Louis d'Evreux conserva Mantes à la demande de Louis X de France, contre une dette de 1700 livres qu'il avait sur le trésor royal, et le domaine d'Anet, Bréval, Nogent-le-Roi et Montchauvet échut à Louis d'Evreux puis à Philippe III d'Evreux et enfin à Charles II de Navarre qui le rétrocéda à la couronne en 1404 en échange du duché de Nemours.

Le prince Louis de France décède brutalement en 1276. Marie de Brabant soupçonnée d'avoir voulu favoriser l'élèvement de son propre fils au trône, accusa le conseiller du roi de France Pierre de La Brosse qui lui retourna l'accusation pour se défendre car elle avait l'appui de la cour. Le roi de France, Philippe III, l'accusa d'avoir des accointances à la cour de Castille et à la demande de Marie de Brabant, fit condamner Pierre de La Brosse sans preuves et sans aveu de culpabilité par les seigneurs d'Artois et le duc de Bourgogne. Le peuple fut surpris de cette exécution sommaire car Pierre de La Brosse ne fut pas jugé par le Parlement.

De son mariage, elle donne naissance à :

  • Louis de France (1276 † 1319), comte d'Évreux, tige de la maison capétienne d'Évreux-Navarre
  • Marguerite (1275 † 1318), mariée en 1299 à Édouard Ier (1239 † 1307), roi d'Angleterre
  • Blanche de France (1278 † 1306), mariée en à Rodolphe III de Habsbourg (1282 † 1307), duc d'Autriche et roi de Bohême.

Marie de Brabant a engagé son mari à soutenir son oncle Charles Ier d'Anjou, chassé de Sicile par les Vêpres Siciliennes en 1282. C'est ainsi que Philippe le Hardi prend la tête de la croisade d'Aragon.

Après la mort du roi, le 5 octobre 1285, Marie se retira dans un couvent près de Meulan, où elle mourut trente-six ans plus tard. Elle fut inhumée au couvent des Cordeliers de Paris.

Posté par louise80 à 15:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



30 juin 2011

Isabelle d'Aragon (1247-1271)

Isabelle d'Aragon, née en 1247, décédée le 28 janvier 1271 à Cosenza (Calabre), infante d'Aragon, fut, par son mariage reine de France (1270-1271).

Isabela Aragonie.jpg

Biographie

Famille

Elle était la fille de Jacques Ier « le Conquérant » (v. 1207-1276), roi d'Aragon, de Valence et de Majorque, et de sa deuxième femme Yolande de Hongrie (v. 1215-1251), dite Yolande Árpád.

Mariage et descendance

Jacques Ier d'Aragon et Louis IX de France conclurent un traité selon lequel l'infante Isabelle épouserait le prince héritier. Suite au décès de Louis de France, elle est destinée au futur Philippe III. Isabelle à 19 ans, Philippe en a 17.

Le 28 mai 1262 à Clermont en Auvergne, elle épousa le futur Philippe III (1245-1285), fils du roi de France Louis IX dit saint Louis (1214-1270) et de Marguerite de Provence (1221-1295).

De cette union sont issus :

  • Louis de France (1264-1276)
  • Philippe IV « le Bel » (1268-1314), roi de France
  • Robert de France (1269-av. 1276)
  • Charles de Valois (1270-1325)

Décès

Ayant accompagné le roi à la 8e croisade à Tunis, elle fît une mauvaise chute de cheval, dans une rivière en Calabre, sur le chemin du retour, alors enceinte de six mois de son 5e enfant. L'enfant naît prématurément et meurt peu après. Épuisée et fiévreuse, elle meurt en l'année 1271 à l'âge de 24 ans. Elle fut inhumée en la Basilique de Saint-Denis. Sa sépulture, comme de nombreuses autres, fut profanée par les révolutionnaires en 1793.

Posté par louise80 à 15:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 juin 2011

Marguerite de Provence (1221-1295)

 

Marguerite de Provence (née en 1221, à Forcalquier - morte le 20 décembre 1295, à Paris).

Elle est la fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence et de Béatrice de Savoie.

Biographie

Mariage

Blanche de Castille, sa future belle-mère, organise les noces de Louis IX avec Marguerite afin d'annexer la Provence au domaine royal (contrant ces projets, Raymond-Bérenger lèguera ses domaines à sa plus jeune fille Béatrice). C'est ainsi que Marguerite épouse Louis IX le 27 mai 1234 dans la cathédrale de Sens.

Descendance



Elle donne à son mari 11 enfants:

  • Blanche (1240-1243);
  • Isabelle (1242-1271) épouse en 1255 Thibaud II de Navarre, comte de Champagne;
  • Louis (1244-1260);
  • Philippe III Le Hardi (1245-1285) ép. 1 : Isabelle d'Aragon, ép. 2 : Marie de Brabant;
  • Jean (1248-1248);
  • Jean Tristan de France (1250-1270). Il naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1265 Yolande de Bourgogne;
  • Pierre (1251-1284). Il naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1272 Jeanne de Châtillon comtesse de Blois;
  • Blanche (1253-1320) Elle naquit durant la croisade de son père. Épouse en 1269 Ferdinand de la Cerda (infant de Castille);
  • Marguerite (1254-1271) épouse en 1270 Jean Ier duc de Brabant;
  • Robert (1256-1317) comte de Clermont.
  • Agnès(1260-1325) épouse en 1270 Robert II de Bourgogne.

Reine de France

Courageuse, elle suit son époux en Égypte lors de la croisade de 1248, pays dans lequel elle accouchera de trois de ses enfants.

Elle s'impose aussi à sa bru - celle-ci ayant trop d'influence sur son fils - quoique Marguerite reproduise là le schéma selon lequel Blanche de Castille s'opposait à elle dans sa jeunesse. Elle prête aussi appui à l'Angleterre, ayant des liens familiaux avec ce pays, car sa sœur Eléonore y est reine.

Vers les dernières années de sa vie, elle tentera de récupérer la Provence, sa région natale, sans y parvenir. Elle décèdera le 30 décembre 1295, à l'âge de soixante-quinze ans.

Statue de Marguerite de Provence dans la série Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris.

Posté par louise80 à 15:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 juin 2011

Philippe III (1245-1285)

Philippe III de France, dit Philippe le Hardi, né le 1er mai 1245 à Poissy, mort le 5 octobre 1285 à Perpignan, fut roi de France de 1270 à 1285, le dixième de la dynastie des Capétiens directs.Il était le fils de Louis IX (1214-1270), dit Saint Louis, roi de France, et de Marguerite de Provence (1221-1295).

Miniature Philippe III Courronement.jpg

Jeunesse

Cadet de famille, le prince Philippe n'était pas destiné à régner sur un royaume. C'est à la mort de son frère aîné Louis en 1260 qu'il devient le prince héritier. Il a alors quinze ans et présente beaucoup moins d'aptitudes que son frère, étant de caractère doux, soumis, timide et versatile, presque écrasé par les fortes personnalités de ses parents.

Sa mère Marguerite lui fait promettre de rester sous sa tutelle jusqu'à l'âge de trente ans, mais son père le roi Saint Louis fait casser le serment par le pape, préférant bonifier son fils par une éducation sans faille. À cet effet, il lui adjoint à partir de 1268 pour mentor Pierre de La Brosse. Saint Louis se charge en outre de lui prodiguer ses propres conseils, rédigeant en particulier ses Enseignements, qui inculquent avant tout la notion de justice comme premier devoir de roi. Il reçut également une éducation très tournée vers la foi. Guillaume d'Ercuis était en outre son aumônier, avant d'être le précepteur de son fils, le futur roi Philippe IV.

Un avènement dans la douleur

Marié en 1262 à Isabelle d'Aragon, Philippe en a quatre garçons : Louis (1264-1276), Philippe, Robert (1269-av. 1276) et Charles. Il accompagne son père à la huitième croisade, à Tunis, en 1270. Après la prise de Carthage, l'armée est frappée par une épidémie de dysenterie, qui n'épargne pas Philippe et sa famille. Son frère Jean Tristan meurt le premier, puis, le 25 août, le roi Louis meurt à son tour.

Philippe est donc proclamé roi sous le nom de Philippe III à Tunis. Sans grande personnalité ni volonté, très pieux, mais bon cavalier, il doit davantage son surnom de Hardi à sa vaillance au combat qu'à sa force de caractère. Il se révèle incapable de commander aux troupes, affecté qu'il est de la mort de son père. Il se hâte donc de conclure, en laissant son oncle Charles Ier d'Anjou négocier avec les Maures, une trêve de dix ans qui lui permet de revenir en France.

D'autres morts endeuillent encore cette débâcle. En décembre à Trapani, son beau-frère le roi de Navarre Thibaut de Champagne trouve la mort. Puis, un mois plus tard en Calabre, c'est au tour de son épouse Isabelle d'Aragon, alors enceinte de son cinquième enfant. Enfin, à Hyères, c'est sa sœur Isabelle, la femme de Thibaut.

Il arrive à Paris le 21 mai 1271, et rend avant tout hommage aux victimes, qui furent bien sûr nombreuses aussi parmi les soldats. Il est sacré roi de France à Reims le 15 août 1271.

Un règne charnière

L'avènement de Philippe III s'accompagne rapidement d'un bouleversement dans le paysage politique : la mort du roi d'Angleterre Henri III et la fin d'une vacance du trône impérial longue de 19 ans. En outre, la préoccupation de l'Europe n'est plus aux croisades. Ainsi, alors que celles-ci avaient été des composantes majeures du règne de son père, le sien sera surtout marqué par des conflits territoriaux, des contestations d'héritages et des guerres de vassalité, phénomène qui va encore s'accentuer pendant le règne de son fils.

Conservant la plupart des conseillers de son père, ainsi que Eustache de Beaumarchès, sénéchal de Poitou, de Toulouse et d'Auvergne, Philippe III a pour grand chambellan Pierre de La Brosse qu'il fait pendre en 1278.

Politique intérieure

Gros tournois à l'O rond

Par des héritages, annexions, achats, unions, et guerres, Philippe III s'attache sans cesse à agrandir le domaine royal et y affermir son autorité.

En 1271-1272, il opère sa première transaction territoriale en incorporant au domaine royal l'héritage de son oncle Alphonse de Poitiers : le comté de Toulouse, le Poitou et une partie de l'Auvergne. Par le traité d'Amiens de 1279, il est cependant contraint de céder l'Agenais, la Saintonge et le Ponthieu au roi d'Angleterre Edouard Ier. Il hérite également du comté du Perche et du comté d'Alençon de son frère Pierre décédé en 1283.

Il a l'occasion de faire ses premiers faits d'armes personnels en 1272, quand il convoque l’ost royal contre les comtes de Foix et d'Armagnac qui lui contestent son pouvoir. Armagnac se rend, et Foix, battu, est emprisonné. Il lui restitue cependant ses terres en 1277. Il achète également les comtés de Nemours et de Chartres en 1274 et 1284. Il acquiert aussi diverses villes, telles Harfleur ou Montmorillon. Il retire également au roi de Majorque l'autorité sur Montpellier. En revanche, il cède au pape Grégoire X le comtat Venaissin en 1274.

Il mène une politique matrimoniale efficace, étant l'instigateur du mariage de sa cousine Mahaut d'Artois avec le comte Othon IV de Bourgogne, préparant ainsi le rapprochement de cette région, terre impériale (l'actuelle Franche-Comté), avec le royaume. Il intervient aussi en Navarre après la mort d'Henri Ier de Navarre qui laisse une fille Jeanne sous la tutelle de sa mère Blanche d'Artois et de Ferdinand de la Cerda. Blanche d'Artois fiance Jeanne au fils de Philippe, le futur Philippe le Bel. La Champagne et la Navarre sont administrées par les Français de par le traité d'Orléans de 1275, et la Champagne est définitivement rattachée au domaine en 1314. Le mariage a finalement lieu en 1284.

Du point de vue des institutions, Philippe III introduit plusieurs nouveautés. Il fixe la majorité des rois de France à quatorze ans. Il affermit la justice royale au détriment des justices seigneuriales, instituant un tribunal royal dans chaque bailliage ou sénéchaussée. Il frappe d’amendes les nobles ne répondant pas à la convocation à l'ost royal. Il crée un impôt sur les transmissions de fiefs. Enfin, il institutionnalise la ségrégation envers les juifs.

Politique extérieure

Gisant de Philippe III à Saint-Denis

En Castille, après la mort de son beau-frère Ferdinand de la Cerda en 1275, Philippe III prend sans succès le parti des enfants de celui-ci contre Don Sanche, désigné successeur par le roi Alphonse X.

En Italie, il soutient le pape Martin IV contre les gibelins, faisant une expédition punitive en Romagne. Il soutient également la politique sicilienne de son oncle Charles d'Anjou, après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282. Pierre III d'Aragon, considéré comme l'instigateur du massacre, est excommunié par le pape qui lui enlève son royaume et le donne à Charles de Valois, lequel ne peut le conserver.

En 1285, après l'affaire de Sicile, Philippe III, sans son oncle Charles d'Anjou mort en début d'année, engage la croisade d'Aragon et attaque sans succès la Catalogne (siège de Gérone du 26 juin au 7 septembre 1285). Son armée touchée par une épidémie de dysenterie, il est défait en septembre à Las Formiguas, et est obligé de faire retraite. Celle-ci est désastreuse, et lui-même meurt à Perpignan.

Ses entrailles sont conservées à Narbonne, ses os rejoignent la nécropole royale de Saint-Denis, son coeur est donné aux Jacobins de Paris.

Pierre d'Aragon mourant un mois plus tard, Gérone se livre à son successeur, et le nouveau roi de France, Philippe IV le Bel décide le retour en France.

Unions et descendance

Le 28 mai 1262 à Clermont-Ferrand, il épouse en premières noces Isabelle d'Aragon (1247-1271), fille du roi Jacques Ier d'Aragon. Ayant accompagné le roi à la 8e croisade, elle meurt tragiquement d'une chute de cheval, en Calabre, sur le chemin du retour, alors enceinte de son 5e enfant.

De cette union sont issus :

  • Louis (1264-1276)
  • Philippe IV (1268-1314), dit Philippe le Bel, roi de France
  • Robert (1269-av. 1276)
  • Charles de France (1270-1325), comte de Valois

Le 21 août 1274 à Vincennes, Philippe III épouse en secondes noces Marie de Brabant (1254-1321), fille de Henri III, duc de Brabant, et d'Adélaïde de Bourgogne.

De cette union sont issus :

  • Louis de France (1276-1319), comte d'Évreux
  • Marguerite de France, épouse en 1299 Édouard Ier, roi d'Angleterre
  • Blanche (1278-1306), épouse en 1300 Rodolphe III, duc d'Autriche - postérité éteinte

Posté par louise80 à 15:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 mai 2011

Louis IX ou Saint Louis (1214-1270)

Louis IX de France, plus connu sous le nom de Saint Louis depuis sa canonisation par l'Église catholique romaine en 1297, est né le 25 avril 1214 à Poissy et mort le 25 août 1270 à Tunis pendant la huitième croisade. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.

Il est le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France, et de Blanche de Castille (1188-1252). Il est aussi le frère aîné de Robert Ier d'Artois, comte d'Artois et de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d'Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.

Il développa notamment la justice royale où le roi apparaît alors comme « le justicier suprême ».

Roi, diplomate, juriste

Quatrième fils né en 1214 du roi Louis VIII, Louis IX ne peut régner qu'en raison de la mort précoce de ses trois frères aînés dont Philippe né en 1209 et mort en 1218. Il n'a pas atteint la majorité lorsque survient le décès de son père en 1226.

Dans son testament, Louis VIII confie la régence à Blanche de Castille. Le pouvoir passe « entre les mains d’un enfant, d’une femme et d’un vieillard », Barthélemy de Roye, grand chambrier à la cour depuis 20 ans (Chronique de Tours).

Le royaume entre dans une période d'agitation, la révolte est organisée par Philippe Hurepel, oncle de Louis IX, fils légitimé de Philippe Auguste, par la maison de Dreux et par le duc de Bretagne Pierre Mauclerc. Matant la rébellion et les barons agités, la régente Blanche de Castille, achève la conquête du Languedoc initiée par Louis VIII en contraignant le comte Raymond VII de Toulouse à donner sa fille Jeanne en mariage à Alphonse, frère de Louis IX.

Sacre de Louis IX

Louis IX n'a que douze ans quand il est sacré roi le 29 novembre 1226 à Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches. La régence est assurée par sa mère, Blanche de Castille, avec le titre de « baillistre ». En 1234, elle organise le mariage, qui aura lieu à Sens, de Louis IX avec Marguerite, la fille du comte Raimond Bérenger IV de Provence espérant ainsi agréger le comté de Provence au royaume de France, puisque le comte de Provence a quatre filles. Blanche de Castille garda assez longtemps une grande influence sur le pouvoir, au-delà de la majorité du roi, réputé majeurle 25 avril 1235.

Louis IX prend effectivement le pouvoir à partir de 1241. Il investit son frère Alphonse du comté de Poitiers afin de contraindre la noblesse poitevine à rendre hommage. La soumission de la rébellion de Hugues X de Lusignan lui permet d'asseoir son autorité en une campagne courte (28 avril 1242 au 21 juillet 1242) et dans le même temps de pousser son avantage jusqu'à Saintes pour y déloger le roi Henri III d'Angleterre qui a décidé de rompre la trêve de 1238, et d'aider le comte de Lusignan.

Réputé pour sa piété, Louis IX se taille, grâce aux croisades, une réputation de roi diplomate et juriste dans toute l'Europe. Les royaumes font appel à sa sagesse dans les affaires complexes. Ainsi, il arbitre la succession du comté de Hainaut par le « Dit de Péronne » du 24 septembre 1256.

Par le traité de Corbeil du 11 mai 1258, Louis IX abandonne sa suzeraineté sur la Catalogne, la Cerdagne et le Roussillon. En échange, Jacques Ier d'Aragon renonce à ses droits sur la Provence et le Languedoc. Pour sceller ce traité, Louis IX marie sa fille Blanche avec l'infant de Castille, Ferdinand de la Cerda, et Jacques Ier d'Aragon maria sa fille l'infante Isabelle avec le fils de Louis IX, le futur Philippe III.

Le traité de Paris du 28 mai 1258, ratifié le 4 décembre 1259, restitue au royaume d'Angleterre la suzeraineté sur le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l'Agenais et une partie de la Saintonge au sud de la Charente, tandis que pour sa part, Henri III d'Angleterre renonce à la Normandie, au Maine, à l'Anjou et au Poitou, en même temps qu'il accepte de rendre l'hommage pour la Guyenne. Plus tard, lorsque le roi Henri III d'Angleterre connaît des difficultés avec ses barons révoltés, il fait appel à l'arbitrage de Louis IX qui rend en sa faveur le Dit d'Amiens du 23 janvier 1264

Saint Louis, par Maître Théodoric

Louis IX ne ménagea pas sa peine dans les affaires intérieures, le temps qu'il ne passa pas en dehors du royaume. Il voulut laisser un royaume pacifié et soumis à un pouvoir juste. En conséquence, il dépêcha en 1247 des enquêteurs royaux pour l'instruire de l'état du pays à charge pour eux de réprimer directement dans les domaines de la justice, de l'administration, de la fiscalité et de l'armée. Il fit surveiller baillis et prévôts de manière à ce que les droits de chacun soient respectés, y compris par les officiers royaux.

Il édicta également une série de mesures de moralisation publique contre les mauvais sénéchaux et baillis. De plus, des mesures visant à réévaluer la monnaie entre 1263 et 1266 lui valurent une popularité certaine.

Il reprend également la « Quarantaine-le-roi », instituée par Philippe Auguste, une ordonnance qui préfigure les négociations diplomatiques avant les hostilités. L'ordonnance qu'il renouvelle en 1245 permet l'ouverture de négociations avant toute guerre privée, ordalie, duel judiciaire, jugement de Dieu et substitue à certaines coutumes médiévales des formes de justice plus modernes. Ainsi, les justiciables pouvaient dorénavant en appeler au roi dont les décisions judiciaires surpassaient celles de ses vassaux. Le roi Louis IX a de la sorte cassé de nombreuses sentences. Ce n'est que par la suite, dans une ordonnance en 1258, que Louis IX interdit définitivement le duel judiciaire, mais cette décision n'est pas appliquée par ses vassaux.

Le chroniqueur Jean de Joinville, son principal biographe et l'un des principaux témoins lors de son procès de canonisation, rapporte dans sa Vie de Saint Louis que Louis IX rendait la justice sous son chêne à Vincennes : « Il advint maintes fois qu’en été, il allait s’asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu’un d’autre. »

L’influence de l’Église

Église Saint-Jacques de Compiègne, dont Saint Louis devient patron en 1881 avec saint Jacques le Majeur

Élevé par sa mère qui lui apporte les principes d'une piété rigoureuse ainsi qu'une foi inébranlable, Louis IX veut faire de la France, une nation chrétienne que d'aucuns, au XIXe siècle, appelleront la « fille aînée de l'Église » et de Paris un haut lieu de la chrétienté. Le 26 avril 1248, Louis IX y inaugure la Sainte-Chapelle dans l'île de la Cité. Cette chapelle construite de 1243 à 1248 représente l'apogée de l'art gothique. Elle était destinée à abriter les Saintes reliques de Jésus rapportées en France par le roi depuis Constantinople :

  • la Sainte Couronne d'épines de Jésus ;
  • un fragment de la Sainte Croix ;
  • diverses reliques de la Passion.

Louis IX fut également crédité pour avoir commandité la Bible de Maciejowski.

Pour conduire ses sujets au salut, le roi de France interdit les jeux d'argent, le prêt à intérêt, la prostitution et punit le blasphème. Il prend des mesures contre les juifs :

  • En mars 1240, il organise à la demande du pape Grégoire IX le « procès du Talmud », pour statuer sur l'accusation de juifs convertis au christianisme, selon lesquels le Talmud contient un certain nombre d'invectives contre Jésus-Christ et contre la Sainte Vierge. La controverse sur le sujet se tient à Paris, sous la présidence de Blanche de Castille. Le rabbin Yehiel de Paris représente les juifs. Eudes de Châteauroux, proviseur de la Sorbonne, et l'abbé Nicolas Donin, juif apostat à l'origine de la dénonciation (il avait été excommunié par Rabbi Yehiel en 1225), concluent que le reproche est fondé. Le roi fait alors brûler vingt-quatre charrettes de traités talmudiques à Paris.
  • En 1254, il bannit de France les juifs qui refusent de se convertir au catholicisme. Ce décret fut annulé quelques années plus tard en échange d'un versement d'argent au trésor royal.
  • En 1269, il impose aux juifs de porter des signes vestimentaires distinctifs. Pour les hommes, un rond d'étoffe jaune, la rouelle, sur la poitrine et un bonnet spécial pour les femmes. La couleur jaune est le symbole de la couleur de l'or représentant le péché d'avarice. En mettant en garde la population, ces signes permettent de les différencier et d'empêcher ainsi les mariages mixtes.

D'après l'historien Jean Richard, Louis IX, fidèle à la mission d'évangélisation, garde l'espoir de les convertir et les protège de toute exaction.

Les croisades

En 1244, Louis IX tombe gravement malade de la dysenterie et fait le vœu de partir en croisade au cas où il guérirait. Rétabli, il prépare son départ vers les royaumes chrétiens d'Orient en difficulté.
L'organisation de la croisade dure quatre années, qui verront la construction du port d'Aigues-Mortes à l'initiative de Charles Ier de Sicile frère du roi, et futur roi de Naples et de Sicile. La ville ne se remettra jamais du coût exorbitant des aménagements requis pour cette croisade et poursuivra Charles d'Anjou en justice.
Le 12 juin 1248, il se saisit de l'oriflamme capétienne en la basilique de Saint-Denis et part accompagné de son épouse la reine Marguerite de Provence, du comte Robert d'Artois et de Charles d'Anjou, ses frères. Robert d'Artois trouvera la mort à la bataille de Mansourah.

Septième croisade

Article détaillé : Septième croisade.
Louis IX en route vers l'Égypte

Partie du port d'Aigues-Mortes que Louis IX avait fait construire, la septième croisade se dirige vers l'Égypte. En mai 1249, les croisés font escale à Chypre avant de se diriger vers Damiette avec 1 800 navires. La ville est prise le 8 juin.

L'armée des croisés se dirige ensuite vers Le Caire mais subit les attaques incessantes de l'émir Fakhr-ad-Din Yusuf. De février à avril 1250, les croisés font le siège de la citadelle de Mansourah. Le scorbut et la dysenterie déciment les soldats et forcent le roi à battre en retraite. Un sergent félon du nom de Marcel fait alors courir le bruit que le roi s'est rendu.
La plupart des soldats et Louis IX sont faits prisonniers le 6 avril 1250 à la bataille de Fariskur.

Pendant sa captivité, le roi charge Marguerite de Provence de la conduite de la croisade. Un mois plus tard, en mai 1250, le roi et l'ensemble des prisonniers sont libérés contre une forte rançon payée par l’ordre du Temple.

Louis IX décide de prolonger son séjour dans ce qui reste des États latins d'Orient. Il renvoie Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France pour épauler Blanche de Castille restée seule pour gouverner le royaume. De 1250 à 1253, il consolide les forteresses d'Acre, de Césarée, de Jaffa et de Sidon.

N'apprenant qu'au début du printemps 1253 la nouvelle de la mort en novembre 1252 de sa mère, Blanche de Castille, Louis IX prend la décision de rentrer en France. Après avoir réglé plusieurs affaires en cours, les croisés rembarquent à Tyr le 24 avril 1254 pour le royaume de France. Lors de ce voyage, Louis IX devient peu à peu celui dont la mémoire collective a conservé le souvenir en tant que saint Louis.

Huitième croisade

Article détaillé : Huitième croisade.

Louis IX espère convertir le sultan de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais l'armée est victime d'une épidémie dite de peste (en réalité de dysenterie). Louis IX en meurt le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis. Son corps est étendu sur un lit de cendres en signe d'humilité, et les bras en croix à l'image du Christ. Isabelle d'Aragon, épouse de Philippe III, meurt en Sicile sur le chemin du retour. Alphonse de Poitiers et son épouse Jeanne de Toulouse, meurent à trois jours d'intervalle en Italie.

Funérailles

Statue de saint Louis à Carthage (Tunisie).

À la mort du roi, décision est prise d'éviscérer le cadavre et de l'embaumer afin de le préserver jusqu'à son retour en France. À la demande de l'armée, une partie des restes du roi est enterrée en Tunisie, où une tombe de Louis IX peut encore être visitée aujourd'hui. Ses entrailles sont placées dans une urne confiée à la basilique de Monreale, près de Palerme. Comme on ne sait pas, à l'époque, embaumer correctement les cadavres pour pouvoir les conserver longtemps, on fait bouillir le reste du corps avec du vin aromatisé d'épices afin de séparer les os de la chair. Ses « ossements » sont ensuite rapportés par Philippe le Hardi à la basilique de Saint-Denis au terme d'un long périple passant par la Sicile, la péninsule italienne, puis le Lyonnais, la Bourgogne et la Champagne. En 1306, après la canonisation, ses restes sont transférés solennellement à la Sainte-Chapelle.

Ces reliques disparaissent pendant les guerres de religion : seul un doigt est sauvé et conservé à Saint-Denis. Lors de la consécration de la cathédrale Saint-Louis de Carthage à la fin du XIXe siècle, les reliques conservées en Sicile sont apportées en Tunisie puis, lors de l'indépendance de la Tunisie, rapportées en France et déposées à la Sainte-Chapelle.

Canonisation

Considéré comme un saint de son vivant, Louis IX fait l'objet d'une vénération dès sa mort. Des miracles sont réputés avoir lieu sur le passage de sa dépouille et un service d'ordre doit être mis en place près de son tombeau pour canaliser la foule de ceux qui viennent implorer son intercession À la demande de plusieurs prélats français, Grégoire X en 1275 ouvre une enquête officieuse sur le défunt roi. Une enquête publique est ouverte par Nicolas III en 1278, puis une autre par Martin IV en 1281 : malgré les suppliques régulières des prélats et des souverains français, les papes tiennent à mener un procès de canonisation dans les formes. La procédure est également ralentie par la brièveté des pontificats successifs.

Enfin, après vingt-sept années d'enquêtes et dans l'espoir d'amadouer le roi de France Philippe le Bel, petit-fils de Louis IX, le pape Boniface VIII annonce la canonisation de Louis IX sous le nom de saint Louis de France par deux homélies prononcées à Orvieto les 4 et 11 août 1297. Elle est officialisée le 11 août par la bulle Gloria laus. Louis IX reste plus connu sous le nom de saint Louis ou de Saint Louis. Il est le premier roi de France à avoir été canonisé, Dagobert II ayant été reconnu saint avant l'officialisation des procédures de canonisation.

Avec sainte Élisabeth de Hongrie, sa contemporaine, saint Louis est vénéré par les tertiaires franciscains comme leur patron à cause de son sens de la prière, de la justice et de son amour des pauvres.

Descendance

Le 27 mai 1234, en la cathédrale de Sens, il épousa Marguerite de Provence (1221-1295), fille de Raimond-Bérenger IV (v. 1198-1245), comte de Provence, et de Béatrice de Savoie (1205-1266). Ils eurent onze enfants :

  • Blanche de France (1240-1243), sans postérité ;
  • Isabelle (1242-mai 1271) qui épousa en 1258 Thibaud de Champagne roi de Navarre, sans descendance ;
  • Louis (24 février 1244-1260), prince héritier, sans postérité ;
  • Philippe III le Hardi (1er mai 1245-5 octobre 1285), roi de France, d'où descendance ;
  • Jean (1246-1246), sans postérité ;
  • Jean-Tristan (1250-2 ou 3 août 1270) comte de Valois et de Nevers. En 1265, il épousa Yolande de Bourgogne (1248/49-1280), sans postérité ;
  • Pierre (v.1255-1283) comte d'Alençon et de Perche. En 1272, il épousa Jeanne de Châtillon (v.1254-1291), descendance éteinte avant lui ;
  • Blanche de France (1253-1320) qui épouse en 1268 Ferdinand de la Cerda (1255-1275) infant de Castille, d'où descendance ;
  • Marguerite (1254-1272) qui épousa en 1270 Jean Ier duc de Brabant (1253-1294), d'où un fils mort-né ;
  • Robert (1256-1317) comte de Clermont. Il épousa en 1272 Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon. Il fut le fondateur de la Maison capétienne de Bourbon, et l'aïeul direct par les mâles de Henri IV, roi de France.
  • Agnès (1260-1327) qui épousa en 1273 Robert II duc de Bourgogne (1245/50-1306), et postérité.

Rayonnement

Gros tournois de 1226

Le XIIIe siècle reste dans l'histoire comme le « siècle d'or de Saint Louis ». La France, centre des arts et de la vie intellectuelle grâce, entre autres, à La Sorbonne, y atteint son apogée aussi bien économiquement que politiquement. Louis IX commande la plus grande armée et dirige le plus grand royaume d'Europe. Sa réputation de sainteté et de justice est déjà bien établie de son vivant et on le choisit régulièrement comme arbitre pour régler les querelles entre grands d'Europe. Le roi est considéré comme le primus inter pares (le premier parmi ses pairs).

L'ordonnance de 1263 assure une bonne monnaie. Il installe au Temple une commission financière chargée du contrôle des comptes royaux, renforçant la structure mise en place en 1190 par son grand-père Philippe Auguste, dessinant la future Cour des Comptes.

Le prévôt de Paris, Étienne Boileau organise et codifie en 1268 les métiers de la capitale en rédigeant le Livre des métiers.

Sous le règne de Louis IX sont construites les cathédrales d'Amiens, de Rouen, de Beauvais, d'Auxerre ainsi que la Sainte-Chapelle de Paris et la Sainte-Chapelle de Saint-Louis à Saint-Germain-en-Laye.

Postérité

Reliquaire de Saint Louis, roi de France
Musée de la basilique Saint-Dominique (basilique San Domenico), Bologne, Italie
Saint Louis de France

De nombreuses villes, localités et sites géographiques à travers le monde ont été nommés en son honneur, comme Saint-Louis-de-France et le lac Saint-Louis au Québec, Saint-Louis dans le Missouri aux États-Unis. La ville de Saint-Louis du Sénégal est également dédiée à ce roi ainsi que la mission San Luis Rey de Francia (ville d'Oceanside) en Californie. Les villes de Saint-Louis du Nord et de Saint-Louis du Sud en Haïti lui doivent leur nom mais d'autres villes haïtiennes, Jérémie et Mirebalais, l'ont adopté comme saint patron. Il existe une église Saint-Louis-des-Français à Rome et une autre du même nom dans la ville espagnole de Séville, la cathédrale catholique de Plovdiv en Bulgarie et l'église Saint Louis de France dans le beau quartier de Turgeau à Port-au-Prince aux portes de Canapé-Vert (Haïti) doit également son nom au saint roi.

Autre interprétatio

Plusieurs historiens et analystes ont une tout autre interprétation de la vie de Louis IX. L’architecte Eugène Viollet-le-Duc par exemple, avance l'hypothèse qu'il était un homme politique rusé et habile pour consolider son pouvoir et agrandir son royaume. À l’époque, les grands féodaux (barons, ducs), comme la dynastie des Coucy (voir Enguerrand III), opposaient une concurrence farouche au roi de France. Ils se querellaient constamment et manigançaient parfois contre la personne même du roi. Louis IX sut, en se montrant comme un saint, utiliser l'appât du gain de ses barons pour les inciter à participer aux croisades. Peu des grands féodaux qui y participèrent revinrent en France, et Louis IX put mettre la main sur leurs terres et leurs possessions. Ceux qui avaient survécu furent ruinés par l’expédition, si bien qu’il devinrent alors plus dépendants du roi pour leur sécurité.

Ses mesures contre les « péchés » démontrent une ferveur religieuse, mais elles démontrent aussi un fin esprit politique. Tout en se gagnant les faveurs de l’Église, il gagnait aussi la faveur des gens très pieux de l’époque. Il en gardait ainsi un meilleur contrôle sur son royaume, et une légitimité accrue.

Sa modernisation de l’administration, et son renforcement de la justice du roi étaient les dernières pièces de l'architecture politique qu’il s’était bâtie afin d’accroître ses pouvoirs et ceux de ses descendants sur le trône des Capétiens.

Louis IX réussit ainsi à poser les fondations d’un royaume de France, uni sous un roi de droit divin. Il y parvint par une subtile politique qui était beaucoup plus efficace que de se quereller avec ses vassaux et essayer de les soumettre par la force.

 

Citations

  • En 1252, au cours de la Septième croisade, et alors qu'il se trouve au port de Sidon et qu'il vient de perdre un navire représentant des sommes considérables, Louis IX déclare : « Ni cette perte, ni autre quelconque, ne saurait me séparer de la fidélité que je dois à mon Dieu ».
  • Lors du mariage de son fils Philippe avec Isabelle d'Aragon, alors qu'il ne dormait pas et traitait les affaires du royaume, on lui reprocha de donner trop de temps à ses œuvres de piété. Il répliqua : « Les hommes sont étranges, on me fait un crime de mon assiduité à la prière; on ne me dirait mot si j'employais les heures que j'y passe à jouer aux jeux de hasard, à courir la bête fauve, ou à chasser aux oiseaux ».
  • Toutefois, il se montrait fort belliqueux envers les juifs et les infidèles, c'est pourquoi il dira à ce sujet : « Si quiconque s'avise de médire de la foi chrétienne, il ne faut la défendre qu'avec l'épée, et on doit donner de l'épée dans le ventre autant qu'elle peut y entrer». Il faut rapprocher ces propos de la « découverte » faite à l'époque par les chrétiens, que les textes talmudiques contenaient des propos hostiles à Jésus et à Marie.

Posté par louise80 à 15:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

19 mai 2011

Jeanne d'Auvergne (1326-1360)

Jeanne d'Auvergne ou Jeanne de Boulogne (8 mai 1326-20  septembre 1360) est une comtesse d' Auvergne et de Boulogne,puis une reine de France par son second mariage.Elle est fille de Guillaume XII, comte d'Auvergne et de Boulogne, et de Marguerite d'Évreux.

Biographie

Duchesse de Bourgogne

Elle épouse en premières noces Philippe de Bourgogne dit Monsieur, fils et héritier d'Eudes IV, duc de Bourgogne et de Jeanne de France, comtesse d'Artois et de Bourgogne. De ce mariage sont nés :

  • Jeanne de Bourgogne (1344 † 1360) fiancée à Amédée VI, comte de Savoie
  • Marguerite de Bourgogne (1345 † jeune)
  • Philippe de Rouvres (1346 † 1361), duc de Bourgogne.

Son mari meurt le 10 août 1346, suivi de sa belle-mère, le 15 août 1347 et de son beau-père le 3 avril 1349. Son fils Philippe hérite alors du duché de Bourgogne, des comté de Bourgogne et d'Artois. Comme il n'a que deux ans et demi à la mort du duc Eudes IV, Jeanne d'Auvergne assure la régence des états de son fils.

Reine de France

Le 9 février 1350, elle se remarie avec Jean de France, duc de Normandie qui devient roi de France le 22 août 1350. Ils firent consacrer leur union à la chapelle du château royal de Sainte-Gemme (parfois appelé aussi Saint-James et aujourd'hui disparu) à Feucherolles, près de Saint-Germain-en-Laye. De ce mariage sont nés :

  • Blanche (1350 † 1350)
  • Catherine (1352 † 1352)
  • Un fils (1354 † 1354)

Elle meurt lors d'une épidémie de peste, au château de Vadans, en Franche-Comté, près de Poligny en septembre 1360.

Posté par louise80 à 13:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 mai 2011

Bonne de Luxembourg (1315-1349)

Bonne de Luxembourg, née le 20 mai 1315, morte le 11 septembre 1349 à l'abbaye de Maubuisson, fut l'épouse de Jean II dit "le Bon".

Posté par louise80 à 13:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

29 avril 2011

Jean II de France (1319- 1364)

Jean II de France, dit Jean le Bon, né le 26 avril 1319 au château du Gué de Maulny du MANS- mort à Londres le 8 avril 1364, fils du roi Philippe VI et de son épouse Jeanne de Bourgogne, fut roi de France de 1350 à 1364, second souverain issu de la maison capétienne de Valois.

Posté par louise80 à 13:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 avril 2011

Blanche de Navarre (1333-1398)

Blanche de Navarre ou Blanche d'Evreux (1333- 5 octobre 1398). Fille de Philippe III de Navarre et de Jeanne de France, reine de Navarre. Les comtés de Longueville et d'Evreux proche de Gisors lui furent légués.

Posté par louise80 à 13:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

08 avril 2011

Blanche de Castille (1188-1252)

Blanche de Castille, née le 4 mars 1188

Posté par louise80 à 13:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



Fin »